En 2026, les plafonds de revenus ouvrant droit à l'exonération de CSG sur les pensions Agirc-Arrco sont revalorisés. Les retraités dont les ressources restent sous ces seuils échappent totalement à cette cotisation sociale. Connaître ces limites précises permet d'anticiper l'impact réel sur le montant net de sa pension complémentaire.
Les retraités français ont souvent le regard tourné vers leur pension de base, mais c'est bien la retraite complémentaire Agirc-Arrco qui représente une part significative de leurs revenus. Et sur ces pensions, la contribution sociale généralisée (CSG) peut mordre de façon non négligeable, selon le niveau de ressources du foyer.
Mais tous les retraités ne sont pas logés à la même enseigne. Un système de plafonds, révisé chaque année, détermine qui paie quoi, et à quel taux. En 2026, ces seuils évoluent, et les conséquences sur le pouvoir d'achat des retraités peuvent être directes.
La CSG sur les retraites complémentaires : comment ça fonctionne
La CSG n'est pas prélevée de manière uniforme sur toutes les pensions. Son application dépend du revenu fiscal de référence (RFR) du foyer, calculé sur les revenus de l'année N-2. Autrement dit, les taux appliqués en 2026 se basent sur les revenus déclarés en 2024.
Trois taux possibles selon les ressources
Le système distingue plusieurs situations :
- Exonération totale : pour les foyers dont le RFR est inférieur au seuil le plus bas
- Taux réduit de 3,8 % : pour une tranche intermédiaire de revenus
- Taux normal de 6,6 % ou taux majoré de 8,3 % : pour les revenus les plus élevés
Concrètement, un retraité exonéré de CSG perçoit l'intégralité de sa pension complémentaire sans prélèvement social sur ce poste. La différence avec un retraité soumis au taux de 8,3 % peut représenter plusieurs dizaines d'euros par mois selon le montant de la pension.
Le revenu fiscal de référence, critère central
Le RFR prend en compte l'ensemble des revenus du foyer : pensions de retraite, revenus fonciers, revenus de capitaux mobiliers, etc. Ce n'est pas uniquement le montant des pensions qui entre dans le calcul. Un retraité percevant une pension modeste mais disposant de revenus locatifs peut ainsi dépasser les seuils d'exonération.
Le revenu fiscal de référence figure en première page de l’avis d’imposition, dans le cadre récapitulatif. C’est ce montant, et non le revenu imposable, qui sert de base pour déterminer le taux de CSG applicable.
Les nouveaux plafonds 2026 pour l'exonération de CSG
En 2026, les seuils sont indexés sur l'évolution du barème de l'impôt sur le revenu. Cette revalorisation annuelle vise à éviter que des retraités aux revenus stables basculent mécaniquement dans une tranche de prélèvement supérieure du seul fait de l'inflation.
Pour une personne seule, le plafond de RFR permettant de bénéficier de l'exonération totale de CSG est fixé à 12 230 euros pour la première part. Ce seuil monte à 18 760 euros pour un foyer de deux parts (couple). Au-delà, le taux réduit de 3,8 % s'applique jusqu'à un second plafond, lui aussi revalorisé.
de revenu fiscal de référence maximum pour être exonéré de CSG en 2026 (personne seule, 1 part)
Les seuils par nombre de parts fiscales
Le plafond d'exonération varie selon la composition du foyer. Chaque demi-part supplémentaire entraîne une majoration du seuil, ce qui avantage les foyers avec enfants à charge ou les retraités bénéficiant d'une majoration pour invalidité.
Pour le taux réduit de 3,8 %, le plafond pour une personne seule se situe à 15 988 euros de RFR. Entre ce seuil et celui du taux normal, le prélèvement reste limité mais non nul. Au-delà, le taux de 6,6 % s'applique, puis 8,3 % pour les revenus les plus élevés.
Ces montants concernent directement les millions de retraités affiliés à l'Agirc-Arrco, régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé. Dans le contexte des débats autour de la réforme des retraites, la question des prélèvements sur les pensions reste particulièrement sensible.
Ce que l'exonération de CSG change concrètement pour les retraités
Être exonéré de CSG ne se résume pas à une simple ligne sur un bulletin de pension. Les effets en cascade sont réels. Un retraité exonéré de CSG est également dispensé de la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et de la Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie), qui sont prélevées conjointement.
Un impact direct sur le montant net perçu
Le cumul des prélèvements sociaux peut atteindre 9,1 % pour les retraités soumis au taux normal, entre CSG, CRDS et Casa. Sur une pension complémentaire de 600 euros par mois, cela représente environ 55 euros de prélèvements mensuels, soit plus de 650 euros par an. L'exonération totale efface intégralement cette ponction.
Pour les retraités dont les revenus se situent juste au-dessus des seuils, la vigilance s'impose. Certains dispositifs permettent de réduire le RFR : déductions pour charges, abattements spécifiques. Il peut être utile de vérifier sa situation auprès des services fiscaux ou de sa caisse de retraite. Les questions de ressources touchent d'ailleurs d'autres domaines : l'accès à certaines aides sociales, comme l'attribution d'un logement social, obéit également à des plafonds de revenus révisés en 2026.
L’exonération de CSG entraîne automatiquement l’exonération de CRDS et de Casa. Ce sont donc trois prélèvements qui disparaissent simultanément pour les retraités dont le revenu fiscal de référence reste sous le seuil applicable à leur situation familiale.
Comment vérifier sa situation avant la fin de l'année
L'Agirc-Arrco applique le taux de CSG à partir des informations transmises par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Le retraité n'a, en principe, aucune démarche à effectuer : le taux est mis à jour automatiquement chaque année en fonction du RFR figurant sur le dernier avis d'imposition.
Mais des erreurs ou des décalages peuvent survenir, notamment lors d'un changement de situation familiale ou d'une modification tardive du RFR. Dans ce cas, le retraité peut contacter directement sa caisse de retraite complémentaire pour signaler une anomalie et demander une régularisation. Les situations d'oubli ou d'erreur dans le traitement des pensions, bien que rares, existent et peuvent avoir des conséquences financières durables si elles ne sont pas signalées rapidement.
Les retraités qui souhaitent anticiper leur situation pour 2026 ont tout intérêt à consulter leur avis d'imposition 2024 (revenus 2023) dès maintenant, et à comparer leur RFR aux nouveaux seuils publiés. Une différence de quelques centaines d'euros peut suffire à basculer d'un taux à l'autre, avec un impact annuel significatif sur le montant net de la pension Agirc-Arrco.





